Dans ce domaine de 35 hectares, situé dans la Haute Vallée de la Bièvre, on retrouve des traces d’occupation humaine depuis le Paléolithique. Ainsi deux ateliers de taille datant du Montmorencien ont été décrits sur ce site. Depuis, les hommes n’ont cessé d’y être présents et d’y laisser les empreintes de leur passage. C’est donc un patrimoine historique, biologique et paysagé qui a été ainsi préservé.

Historique du domaine

Le site de Montéclin a donc été fréquenté par les hommes du Néolithique vers 3 000 ans avant Jésus-Christ. Au VIe siècle, les moines de l’Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, propriétaires du domaine, le nommaient en latin « Quasi Mons ad Solem Declinans » (le Mont face au couchant) puis au XIIe siècle, l’abrégèrent en « Mondeclen ». Si l’on décrit le passé féodal de ce domaine, il comportait une ferme, un manoir, un corps d’hôtel et une chapelle, des bergeries, des étables, des granges, un jardin, une grande cour fermée de murailles ainsi qu’un colombier à pied, un auditoire et une prison.

Il présentait également une grande partie boisée et se situait à proximité d’une importante voie de communication allant de Lutèce à Chartres tout en passant par Vauboyen, Jouy-en-Josas et Châteaufort. L’histoire raconte que les habitants de cette seigneurie étaient tenus d’aider le prévôt de Châteaufort à conduire les criminels à Paris. Alors, rien de surprenant de rencontrer en ces lieux proches le Bois de l’Homme mort.

En 1716, cette seigneurie devint la propriété de Georges Mareschal, premier chirurgien de Louis XIV qui lui confère le titre de Seigneur de Bièvre. Ce dernier fut co-fondateur de l’Académie Royale de Chirurgie.

Ensuite, elle a appartenu à François-Georges Maréchal, Marquis de Bièvre, écrivain français connu sous le pseudonyme de Sieur de Bois-Flotté. Il rédigea le « calembour ». Le marquis ne pouvait s’empêcher de faire des astuces partout et en tout temps.

En 1830, c’est l’amiral Ferdinand Alphonse Hamelin, Ministre de la Marine qui en devint propriétaire. Mousse à l’âge de 10 ans, il fut le premier marin nommé Grand Chancelier de la légion d’honneur. A sa mort en 1864, la famille Mallet, héritière des manufactures Oberkampf de Jouy-en-Josas, occupa ces lieux et leur donna une ampleur incomparable.

Le château abrita la délégation ottomane à la conférence de Paris en 1919. Au cours de la guerre de 1939-1945, lors d’un bombardement du champ d’aviation de Villacoublay, le château sera partiellement détruit.

Un patrimoine végétal remarquable

Fruit de la fusion d’un parc du XIXe et d’un vieux massif forestier, le Domaine de Montéclin présente une très grande diversité de faciès forestiers et de paysages.
Située en balcon sur le versant Nord de la vallée, la forêt de Montéclin de 28 hectares faisait partie du domaine forestier de Versailles.
Cette forêt se distingue par la présence d’un patrimoine historique et botanique remarquable. Il subsiste en effet des traces d’une occupation humaine très ancienne remontant à l’âge de pierre, mais surtout des vestiges de l’ancien parc du XIXe siècle : le mur d’enceinte de l’ancien château de Montéclin, des murets, une grotte en rocaille, des escaliers, d’imposants massifs de rhododendrons et 37 arbres exotiques et ornementaux, représentant 20 essences différentes.

Pour réaliser ces massifs de rhododendrons nécessitant un sol acide, il a fallu acheminer des trains entiers de terre de bruyère. A ces fins, la famille Mallet a été à l’origine de la création de la gare de Vauboyen.

La composition botanique du parc qui ornait le Château de Montéclin présentait un subtil mélange de plantes indigènes et de végétaux exotiques. Cette composition paysagère mixte s’inscrivait dans l’art des jardins de l’époque.

Au gré de la promenade, on peut découvrir plusieurs variétés de cèdres (Atlas, Liban, Himalaya), un séquoia, un hêtre pourpre, des pins Laricio, des chênes rouges d’Amérique, mais également des vieux châtaigniers. En matière d’espèce végétale à valeur patrimoniale, l’étude écologique réalisée par l’ONF a mis en évidence la présence notamment d’une fougère rare dans le bassin parisien « Polystichum setiferum ».

Les écrits médiévaux révèlent l’existence d’un abreuvoir et de vergers, témoins de l’histoire rurale de Montéclin. Cet abreuvoir ainsi que deux vergers subsistent : un grand verger sur le plateau et un petit verger au fond du vallon, plantés de quelques pommiers et poiriers.
Comme de nombreux parcs de cette époque en Ile-de-France, le parc de Montéclin se construit autour de compositions végétales originales et de fabriques. Monsieur Edouard André (1840-1911) avait d’ailleurs codifié ces fabriques et il était de bon ton que chaque jardin possède son lac, son ruisseau, ses petits ponts, sa cascade et… sa grotte.

Paysagiste français réputé, il rencontra George Sand et signa à ses côtés un article sur les jardins de Paris dans le Paris-Guide de 1867.

Les sentiers

La longue histoire de l’occupation humaine du domaine de Montéclin a laissé un réseau de chemins tout à fait exceptionnel. Pas moins de 15 km de chemins sont ouverts pour accueillir les visiteurs.
Le domaine est quadrillé par de nombreux chemins et sentiers dont le GR 11.

Ces derniers sont d’une grande diversité : chemins larges et empierrés propices à la promenade d’agrément, chemins et sentiers en terre de largeur variable fréquentés par les sportifs et les amateurs de nature.

Le domaine offre également un intérêt géologique par la présence :
• sur le plateau, d’argiles à meulières de Montmorency,
• sur les pentes, de sables de Fontainebleau, quartzeux et fins,
• en bas de versant, d’un substrat marnocalcaire (calcaires de Brie).
Il présente aussi un intérêt ornithologique : 78 espèces d’oiseaux ont été observées dont 38 référencées comme nicheuses. Parmi ces espèces, une très forte proportion d’oiseaux insectivores a été répertoriée.

Enfin, ce domaine riche par son histoire, sa situation privilégiée en balcon sur la vallée et ses qualités paysagères, est inscrit dans le périmètre classé de la Vallée de la Bièvre, en juillet 2000.

Le domaine aujourd’hui

Propriété du Syndicat Intercommunal de l’Amont de la Bièvre (SIAB), le domaine est préservé dans son environnement naturel. Il est consacré à la promenade et aux loisirs de plein air.

On peut y trouver le Club Canin de la Vallée de la Bièvre, le Poney Club de l’Association de Brimborion, un artisan charron ainsi que l’atelier d’un sculpteur de renommée internationale.

Le SIAB a pour vocation première la protection et la mise en valeur de la Vallée de la Bièvre. En 1974, il fait l’acquisition du domaine de Montéclin, situé principalement sur le territoire de la commune de Bièvres.
Les communes du syndicat (Bièvres, Buc, Igny, Jouy-en-Josas, Les Loges-en-Josas, Vauhallan, Verrières-le-Buisson) l’ont ainsi soustrait aux projets de spéculateurs fonciers. Une déclaration d’utilité publique du Préfet permet alors d’exproprier un promoteur qui voulait y construire 2 000 logements.
Depuis, le syndicat assure son entretien et sa préservation dans l’intérêt des habitants de la vallée et le plaisir de tous les promeneurs.

Source : « Aménagement du Domaine de Montéclin » Etude réalisée par l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles en 2005 et commanditée par le Syndicat Intercommunal d’Etude, d’Aménagement et de Protection de la Vallée de la Bièvre. Remerciements : A Christian SIFRE, éco conseiller du SIEAPVB et aux Archives Vivantes.

Localisation

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