Né le 7 avril 1860 à Paris – Mort à Bièvres en 1927

georges-bigot-maisonVers 1905, Georges Bigot vint habiter Bièvres – 3, rue des Mathurins

 

 

 

 

 

 

Georges Ferdinand Bigot est né le 7 avril 1860 à Paris.

Il perd son père à l’âge de huit ans et est élevé par sa mère (Peintre miniaturiste).
Son goût pour la peinture et surtout le dessin se révèle dès l’âge de dix ans.
Pendant la Commune de Paris, il aurait rejoint les fédérés et rapporté de ses fugues des croquis de barricades. Il entre à douze ans à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris. Il est l’élève de Gérome et de Carolus Duran.

« Pour pouvoir travailler dans un cadre qui fût absolument sien, il avait acheté, à mi-hauteur d’une colline qui domine la vallée de Bièvres, un champ, un simple champ. Il y fit construire un atelier haut, spacieux, ensoleillé. Il traça dans le champ un jardin comme ceux qu’il avait aimés là-bas, patiemment il apporta une à une des pierres qui lui plaisaient par leur forme, leur couleur, leur volume, planta des bambous de toutes sortes, des soumacs au feuillage pourpre sur la tige du veteuse, et de ces arbustes à fleurs, cerisiers, cognassiers, groseillers qui sont au printemps une féerie.
Devant l’atelier il fixa sur une solide tige la traditionnelle lanterne rustique en bois sans peinture, ornée de deux ouvertures, le soleil et la lune, et qui est destinée à éloigner les mauvais esprits. Au pied s’enroule une tige de lierre aux feuilles étoilées et la petite lanterne est toujours debout ». Jeanne RONSAY – 1935

Félix Buhot, professeur de dessin au Collège Rollin le guide dans l’étude de l’eau-forte et de la pointe sèche.
Il expose ses premières œuvres alors qu’il n’a pas même dix-huit ans.
Il entre ensuite comme dessinateur au journal La Vie Moderne.
On trouve aussi de ses illustrations dans Le Monde Parisien et dans le grand ouvrage de Gonse sur l’Art Japonais.
Il participe à l’illustration de Nana d’Emile Zola, publié chez Flammarion et illustre également des œuvres de Pierre Loti et de Bellesort.

« Grâce à ses professeurs et éditeurs, à Zola, aux frères Regamey et à son ami Léon Hennique, Bigot a certainement eu accès à cette époque aux plus grandes collections d’estampes japonaises, y compris celles d’Edmont de Goncourt ». Hélène Cornevin, 1984

Passionné par la peinture japonaise traditionnelle à la mode en France à cette époque, il n’a qu’une idée en tête, partir au Japon pour étudier le Ukiyo.E (nom donné au Japon à partir du dix septième siècle aux estampes gravées sur bois et imprimées en plusieurs couleurs.)
« Le départ de Georges Bigot apparaît volontaire, silencieux presque comme un retour ; comme si l’artiste, à peine sorti de l’adolescence se fut hâté vers sa patrie de cœur. » Jeanne Ronsay 1935

Un peintre français au Japon

georges-bigotII arrive à Yokohama en janvier 1882 pour : « découvrir un pays que la Restauration Meiji a précipité dans une course au modernisme et qui n’a plus rien à voir avec le Japon adulé à Paris. »
Meiji : nom donné à la période du règne de l’Empereur Mutsuhito – 1868-1912.
Il assimile rapidement langue, coutumes, costume, art, musique et danse, vivant « à la japonaise », parmi les Japonais qui le considèrent comme l’un des leurs.

Il est professeur de dessin à l’Académie Militaire de Tokyo d’octobre 1883 à octobre 1884 ;
Enseigne le français à l’école du grand penseur libéral japonais Nakae Chomin.
Il peint à la commande pour les étrangers des Concessions ; réalise des gravures sur cuivre inspirées des petits métiers qui l’entourent ;

Illustre des traductions et entre au journal Kaishin Shimbum (Le Progrès) comme illustrateur.
Dans le numéro du 9 décembre 1885 Bigot est présenté comme peintre et dessinateur du journal.
« Nous venons de passer un contrat avec le dessinateur français Bigot qui travaillera pour nous à partir de ce mois-ci. En plus de ses talents de dessinateur, il est excellent en eaux-fortes. Nous répondrons donc pleinement à notre vocation de journal illustré en publiant les croquis instantanés de Bigot, qu’ils représentent des paysages ou des gens ainsi que des caricatures…
… Il est venu au Japon pour étudier la peinture japonaise et pour montrer par ses dessins aux européens les paysages et les mœurs du Japon… »

II commence ainsi une carrière de journaliste satirique.
Saito Shozo dans son ouvrage Promenade d’un bibliomaniaque (1932) dit : « C’est le français Bigot qui a présenté le Japon du début de Meiji aux pays occidentaux, grâce à ses caricatures ».

Tobae, le premier de ses 4 périodiques parait 2 fois par mois du 15 février 1887 au 1er janvier 1889. « La couverture représentait un auto portrait caricatural et arrangé en Pierrot de Bigot ».

« On considère généralement que Tobae est l’œuvre principale de Bigot, mais je crois que les dessins des albums Mata et Ohaya ont été beaucoup plus appréciés. Regardez par exemple les marchands de Bonsai qui installent leurs tréteaux le soir, la rue enneigée de Nihonbashi, ou les geisha, ou encore ces femmes coiffées de Okosozuki et marchant sous la neige : ce sont de très beaux tableaux qui représentent très bien l’atmosphère du Japon de Meiji. » Suzuki Hidesaburo

« Dès août 1890, il lance Potins de Yoko qui s’attaque aux bourgeois de Yokohama.
Puis le Potin en 1893, sans pitié pour l’Eglise ni la Légation de France.
En 1893, il part en Sibérie, puis à Shangaï.
Il couvre la guerre sino-japonaise en 1894 pour le journal Anglais The Graphie et en rapporte un reportage photographique unique. » (qui existe encore actuellement chez l’un de ses descendants).

« Son dernier mensuel La Vie Japonaise, paraît à partir de 1898. Pendant les dix-huit années qu’il passe au Japon, Bigot dessine, peint, publie sans relâche.
On lui doit 35 albums de dessins au trait – dont 31 de caricatures – sans compter les huiles, aquarelles et carnets de croquis. » Hélène Comevin, 1984

Pendant cette période, il garde des rapports professionnels avec l’Europe, envoie des dessins à Illustration, des tableaux aux Salons orientalistes.

II avait épousé en 1894, une japonaise Masu Sano dont il eut un fils, Maurice.
En juin 1899, juste avant la mise en application des nouveaux traités qui mettent fin à l’extra-territorialité, il s’embarque à Yokohama pour un retour définitif en France. Son fils Maurice l’accompagne.
De retour en France, il divorce de Masu Sano et épouse une jeune professeur de piano, Marguerite Desprez (nièce du compositeur Albéric Magnard). Il en eut deux filles, Yvonne, née en 1900 et Jeanne, née en1904.

Un japonais à Paris

Sa vie artistique en France connait une grande activité entre 1900 et 1905 à Paris.

A l’exposition Universelle de 1900, il collabore comme peintre au Panorama du Tour du Monde, pour la partie chinoise et japonaise ; dirige aussi l’aménagement des jardins japonais et chinois, et surveille l’édification des constructions exotiques.
Il est pendant de longues années peintre au Ministère des Colonies.

Il expose aux différents salons :
– Exposition Coloniale au Grand Palais.
– Exposition des peintres Coloniaux.
– Exposition des peintres Orientalistes.

Dans plusieurs galeries : Petit, Durand-Ruel, Bernheim, Sagot.

Il est le collaborateur de divers journaux illustrés : L’Illustration, Le Petit Parisien, Le Journal des Voyage, L’Almanach Vermot, et le Figaro.

Il Illustre plusieurs ouvrages ; le Roman Masaka de Kikou Yamaka reste inachevé à sa mort.

« II était naturellement en rapports constants avec tous les Japonisants…
… il y a peu de collectionneurs orientalistes à Paris qui ne possèdent de lui tableaux ou gravures. Les amateurs aimaient retrouver chez ce Français ce sens de la nature, ce goût du détail véridique et précis, allié à une stylisation poétique qu’il avait par instinct et qu’il avait développé en extrême-orient.
Tout cela du reste sans que le peintre ait jamais commercialisé ce qu’il aimait ni même fait le moindre effort pour se faire connaître d’un plus grand public. » Jeanne Ronsay, 1935

Pendant la guerre de 14-18 il fait de longs séjours à Dieppe et au Tréport comme correspondant de guerre pour de nombreux journaux français ; dessine des soldats, caricature l’annexion de l’Alsace Lorraine et peint le débarquement allié.

Si Georges Bigot est pratiquement inconnu en France, il n’en est pas de même au Japon où plusieurs ouvrages ont été écrits sur lui (ex. Un Caricaturiste de l’ère Meiji : Georges Bigot, par Isao Shimizu 1978).

La télévision japonaise a tourné un film « Le Kimono Rouge » (coproduction NHK – Antenne 2) retraçant la vie du peintre et diffusée en France en août 1983.

La journaliste française Hélène Cornevin, depuis une dizaine d’années au Japon, a fait des recherches sur le peintre. Elle termine la rédaction d’un livre sur G. Bigot, qui doit paraître chez Flammarion.
Une exposition rassemblant 400 œuvres de Georges Bigot, (huiles sur toile ou sur bois, aquarelles, gouaches, gravures sur cuivre, lithographies, esquisses, photographies) a eu lieu à Paris, à la Mairie du Vie), du 6 au 24 octobre 1987. Les reproductions présentées ici sont extraites du catalogue de l’exposition.
Cette même exposition a été présentée au cours de l’année 87, au Japon, dans les villes de Yokohama, Tokyo, Utsunomiya, Matsuyama, et Kobe.

Source: Bièvres et ses célébrités au 19e siècle

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