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Culture de tous, culture par tous, culture en tous, culture pour tous ?

Dans notre toute petite commune, est-ce possible, et est-ce important ?
D’aucuns ont parfois la chance d’y accéder, d’en accompagner leur vie. L’action d’une équipe municipale est de « faciliter » et de « rendre possible » l’accès à la culture pour le plus grand nombre de citoyens, au-delà des barrières posées par le niveau d’éducation et les connaissances, l’isolement, ou le coût.

Dans les rues et sur nos places, dans les écoles, la bibliothèque, les salles de la ferme Ratel, les musées, sur les pelouses, les scènes et les murs et surtout dans les têtes et les rêves, entrée par les yeux, les oreilles, la peau, les échanges… Elle s’aperçoit, s’entend, s’imagine souvent, un peu partout, et sous des formes très variées, grandiose, complexe ou bien toute simple, concrète et vivante ou immatérielle, immobile, vécue, imaginée ou rêvée, en des lieux ouverts et fermés, peuplés de femmes d’hommes et d’enfants.

Parfois seulement d’un seul ou de deux…
Parfois déserts ; Le tableau et la sculpture alors sont seuls dans la grande salle, il pleut dehors, il fait froid, personne n’est venu les voir aujourd’hui ni hier, et pourtant quelque part à quelques rues d’ici, une jeune fi lle rêve à eux, elle écrit ou dessine, mue par ce qu’ils ont fait naître au plus profond d’elle…

Moments exquis : des traits de couleur sur un visage d’enfant émerveillé par le carnaval , un festival avec des dizaines de musiciens de tous âges, la re-création de vieux métiers manuels oubliés, des heures et des heures de répétitions d’une troupe de théâtre, une riche exposition d’œuvres d’artistes confirmés ou en herbe, le déclenchement impatient d’un appareil photo longtemps à l’affût, l’effort de la danseuse pleine de grâce, le superbe texte sur la page fruit d’un atelier d’écriture, des cris d’enfants excités devant un conteur ou un magicien, la retraitée qui parle enfi n l’italien si longtemps aimé… Moments exquis qui résonnent longtemps. D’ici quelques mois, vous aurez l’occasion de le voir lors d’une exposition dans notre bibliothèque municipale : la « culture » s’introduit jusque dans les prisons, grâce à des bénévoles, y accompagnant ainsi la vie en des moments très difficiles.

Serge Antoine, Aimé Daniel Steilen, Antoine Vitez, à trois reprises ces dernières années nous avons parlé à Bièvres de grands acteurs et témoins de la culture, avec à la fois un petit c et un grand C… le dernier cité parlait d’une culture populaire « élitaire pour tous », et Serge Antoine lui n’oubliait jamais de souligner l’essentiel de la culture dans le développement durable.
Si près de Paris et de Versailles, sans parler des très nombreux lieux culturels encore plus proches, nous sommes confrontés à la difficulté de faire naître un public à Bièvres, de le toucher, de le faire sortir de chez lui, de le fidéliser. Ce n’est pas facile, pas du tout. Et encore moins à notre époque d’écrans TV géants à domicile, des centaines de chaînes de télévision, de l’internet illimité et des réseaux sociaux envahissants, captivants et chronophages…

Seule, une volonté politique accompagnée d’un effort financier ne peut pas grand chose. L’engouement et l’engagement des acteurs individuels, associatifs et publics sont le coeur de ce domaine. L’inverse est vrai aussi. Mais un peu moins. Bien moins. Pas d’accord ?
Discutons-en ! au cours d’une soirée oenologie, juste après un atelier cuisine, et peut-être avant une leçon de tango…

Philippe Mias

 

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